LE MUSÉE DE LA SPECOLA DE BOLOGNELE MUSÉE D'ASTRONOMIE ET L'OBSERVATOIRELe musée d'astronomie de la Specola de Bologne a une histoire très récente. En effet, il date de 1979, à la suite de la restauration d'un premier groupe d'instruments qui a eu lieu à l'occasion de l'exposition "l Materiali dell'Istituto delle scienze" (le materiel de l'institut des sciences). Au cours des années suivantes, les restaurations ont étè poursuivies aussi bien en ce qui concerne le materiel que les locaux. Le musée trouve place ainsi, dans les anciens locaux de la Specola c'est à dire la salle du méridien et la salle de la tourette, qui autrefois servaient aux activités d'observations et dans la plus la récente salle des globes. Ces salles renferment selon une logique de disposition la plus proche de l'original, les instruments dont se servaient les astronomes bolognais entre le tout début du XVIII siècle et la moitié du XIX. Dans un premier temps, ces instruments se trouvaient à l'observatoire du Marsili puis furent transportés à l'observatoire de l'Institut des Sciences. Ces locaux font actuellement partie de la faculté d'astronomie de l'Université et de I'Observatoire Astonomique. La collection du musée est exceptionnellement complète et organique étant l'héritage, quasiment dans toute sa totalité du materiel utilisé dans l'ancienne Specola. En effet, parmis les trente instruments majeurs hormis les horloges, dont se sont servis les astronomes pour plus d'un siècle, plus du tiers a été recupérés gráce au travaíl de restauration et d'intégration, la quasi-totalité a retrouvé son aspect et sa fonctionnalité de l'époque. LA SALLE DU MÉRIDIENCette salle construite en 1727 avait été projetée afin de pouvoir observer avec le plus de précision et de confort possible les astres à leur passage sur le méridien. Les grands arcs qui partent des étages inférieur du palais et se croisent le long des diagonales fournissent un appui particulièrement stable au "mur méridien". Le mur traverse la salle en diagonale selon la direction Nord-Sud et jouait le róle de support sur lequel étaient ancrés les instruments fixes. Le plafond, à l'origine plat, comportait une serie de portillons ouvrables, dans la zone où le plafond actuel est bombé, pour effectuer les observations. Compte tenu qu’elles se tenaient à des heures préétablies, le lieu de travail et de repos de l'astronome se trouvait dans les salles mitoyennes; plus exactement la salle de repos était celle à droite du couloir d'accès à la salle du méridien et celle de travail était à l'étage immédiatement supérieur. La salle abrita tout d'abord, les instruments construits à Rome par Domenico Luswerg, qui étaient à l'origine déstinés à l'observatoire du palais du Comte Luigi ferdinando Marsili, qui fut opérationnel de 1702 à 1709. Cette serie de pièces reste, à cause de la destruction des plus anciens instruments utilisés à Paris et à Greenwich, l'unique témoin de ce superbe savoir technique de la seconde moitié du XVII. Les instruments de Lusverg furent substitués en 1742 par ceux de Jonathan Sisson, achetés en Angleterre gráce à une conséquente somme d'argent mise à disposition par le Pape Clement Xll. Ces dernìers introduisent pour la première fois en Italie, la séparation entre l'instrument pour l'estimation de la hauteur au moment du passage des corps célestes et celui pour l'estimation des temps de passage. Ainsi, pour la hauteur il fut conservé un instrument mural et pour les temps de passage il en fut introduit un autre voué à cette fonction. Ce dernier était catalogué dans les anciens inventaires comme une "lunette à l'axe" assurant gráce à sa structure et sa cinématique, le maintien d'une orientation correcte au méridien pendant les variations de hauteur du corp céleste, permettant ainsi de palier au manque de planéité du limbe des instruments muraux. Originalement, la salle avait un simple parquet en bois qui suite aux travaux exécutés par l'architecté Ercole Lelli en 1742 à l'occasion de l'arrivé des instruments anglais, fut remplacé par le plancher actuel orné par la belle ligne en laiton du méridien indiqu ant l'heure civile et l'heure moyenne. La salle fut en plus embellie par des peintures murales relatant l'utilisation des colonnes qui supportaient la "lunette à l'axe" mais elles ont presque totalement disparues. A ce jour, sont exposés dans la salle le demi-cercle mural de Lusverg et quelques quadrants mobiles de Lusverg et du bolognais Sante-Menini qui s'ajoutent aux instruments originaires: le quadrant mural et mobile, la "Lunette à l'axe" réalisés par Sisson et un couple de horloges datant du XVIII siècle. LA SALLE DES GLOBESLes premières tentatives de représentation du firmament sur des sphères par le biais de lignes et de points de repères remontent aux Chaldéens et aux Egyptiens. C'est d'eux que se sont inspirés les Grecs qui probablement à partir du V-VI siècles a.c. commencèrent à construire des globes célestes. L'idée de reporter sur une sphère les terres sur lesquelles on vivait et autour des quelles on naviguait est certainnement plus tardive. Dès le début, ces globes eurent une double utilisation: aide à la navigation, support didactique et explicatif des positions et des mouvements des corps célestes. En Europe, la construction des globes connut une période de grand essort seulement après le XV siècle, le jour où la forme sphérique de la terre fut universellement reconnue à la suite du voyage de Magellan et que d'autres voyages redessinèrent complétement la carte du monde. Les premiers globes terrestres et célestes recouverts de papier imprimé remontent à la moitié du XI siècle. Il est donc tout naturel de retrouver parmis les utils de travail et d'enseignement des astronomes des globes célestes et terrestres et des sphères armillaires. Quelques uns de ces globes, offerts à la Specola au fil du temps par le général Marsili, le cardinal Antonio Davia et par Benedict XIV, ont été installés dans la salle du sixième étage de la tour. Les globes les plus anciens de cette exposition, pièces remarquables de part leur clarté et leurs illustrations, remontent à la première moitié du XVII et sont le fruit du travail d'un des plus grands constructeurs de globes de l'époque, l'ollandais Janszoon Willen Blaenw, élève de Tycho Brahe et autant expert d'astronomie que de l'art de l' imprimerie. La collection est complétée par un couple de globes de table de l'anglais Senex ét un de plus grande dimension datant toujours de la première moitié du XVIII siècle réalisés par l'ollandais Valk, les horizons desquels sont soutenus par des putto dorés, ainsi que par deux sphères armillaires qui illustrent le système de Copernic, l'une est de grande dimension construite en carton doré, l'autre est une sphère de table en laiton. Ces deux sphères armillaires datent aussi de la première moitié du XVIII. Sur les murs on peut admirer deux cartes nautiques en parchemin de la moitié du XVI siècle, richement illustrées et en couleur, les fragments de deux cartes chinoises de la moitié du XVII siècle l'une géographique, l'autre céleste, provenant de l'observatoire astronomique fondé à Pekin par les pères Jesuites. Les auteurs de ces cartes sont dans l'ordre le père Matteo Ricci et le mathématicien Scholl von Bell. LA SALLE DE LA TOURETTETourette est la façon dont a été nomé la partie la plus haute de la tour de la Specola. Cette partie de l'édifice est orienté de la sorte à présenter ses quatres façades aux quatres points cardinaux. Les parapets du balcon inférieur et de celui supérieur présentent une structure élevée et robuste afin de proteger du vent les astronomes. Ils possedent aussi des armatures en métal qui étaient le support des axes verticaux sur lesquels devaient étre positionnés les téléscopes et qui permettaient de manovrer les téléscopes les plus longs. D'autres instruments auraient pu étre utilisés à partir de l'intérieur de la salle en ouvrant les grandes portes vitrées. Une ouverture cìrculaire de quatre pieds (1,5 m) de diamètre au centre de la voute était le point d'observation du zénit. Trois débaras, où étaient rangés les tubes des téléscopes et les accesoires furent emplacés au niveau de trois coins de la salle. La salle n'a pas été particullierement modifié depuis 1725 date de son achèvement. Elle héberge aujourd'hui les tubes des téléscopes de la première moitié du'XVII siècle, parmis lesquels figure l'original pour l'objectif de vingt-deux pieds (8m) de distance focale de Giuseppe Campani et ceux appartenants à la machine réalisé par Ercule Lelli pour les nombreux objectifs à longue distance focale de Campani. Parmis ces derniers, certains sont exposés dans les vitrines, qui acceuillent aussi de remarquables téléscopes à lentilles et à miroir datant de la fin du XVIII siècle dont certains sont l'oeuvre de l'anglais Dollond, une petite machine équatorialle de George Adams, un quadrant mobile de Pierre Méignié et un téléscope du modénais Amici datant du début du XIX. Dans une salle ovale tirée d'un des balcons triangulaires de la tour, a retrouvé sa place originelle le grand cercle méridien de Ertel datant de la moitié du XIX. Dans les vitrines il est aussi possible d'admirer quelques instruments utilisés par les astronomes bolognais pour l'observation celeste, terrestre et météorologiques, ayant aussi une utilisation en mathématique et en géometrie. En particulier, sont à signaler un astrolabe arabe du Xlll siècle et un autre de l'école de Gemma Frisius du XVI siècle, un petit téléscope grégorien représentant un des premiers exemplaires en Italie, quelques petits horloges solaires et un petit globe de Venus. A l'intérieur de l'escalier à colimaçon qui porte à la tourette on peut observer le parcours de l'expérience réalisé par Giovan Battista Guglielmini en 1790 mesurant la déviation verticale des corps en chute libre qui donna ainsi une des premières démostrations appliquées de la rotation terrestre. On peut en plus rappeler que du sommet de la tour furent effectué, à la moitié du XVII siècle, les premières expériences sur la nature électrique de la foudre par l'astronome abbé Petronio Matteucci et par le Docteur Giuseppe Veratti. Le Museo della Specola et ses services |